22 mars 2008
daleth (3)
Helen était sourde, muette et aveugle. Dans la prison dans laquelle était enfermé son esprit, elle sentait confusément que quelque chose de fantastique était à sa portée mais elle ne pouvait ni se le demander à elle-même ni communiquer avec les autres. Avant, je vivais comme Helen : sourde, muette et aveugle. C’est une illusion de croire qu’il suffit d’avoir des yeux pour voir. Je restais dans le familier, quand bien même c’était de la souffrance, car çà me rassurait. Parfois, il est vrai, une sensation fugitive m’indiquait que je passais à côté de quelque chose d’important. Dans ces moments là, je rentrais dans des colères terribles. Mais elles étaient stériles, puisque j’étais d‘une certaine manière handicapée de la communication. La chose la plus importante que je viens de comprendre, c’est que çà ne sert à rien de pouvoir parler si on ne sait pas PARLER AUX AUTRES ET FORMULER DES DEMANDES La 2e chose (paradoxale) qui m’est apparue c’est que si on ne peut se rencontrer soi que seul on ne peut pas toutefois se rencontrer soi tout seul. Et là je ne veux certainement pas parler d’un gourou ou d’un truc comme çà. Je parle de l’Autre, ou pour mieux dire, d’une altérité comme le fut Julius Spier pour Etty ou Ann lorsqu’elle donna à Helen Keller les outils qui lui permettraient de sortir de l’obscurité. Car de la même manière que les mollusques bâtissent leur coquille à l’aide d’ éléments qu’ils puisent dans la mer, de même l’esprit prend sa nourriture autour de lui, dans le partage et grâce à la communication et c’ est ce qui lui permet de se transformer. Bon, pour changer un peu, aujourd’hui je ne vous citerai pas Etty, mais Helen Keller. Lorsqu’une porte du bonheur se ferme, une autre s’ouvre, mais parfois on observe si longtemps celle qui est fermée qu’on ne voit pas celle qui vient de s’ouvrir à nous. HELEN KELLER
Commentaires
Dies irae
On est ainsi fait qu'on préfère encore la souffrance à l'inconnu...On s'accroche à ce qu'on connaît, c'est bizarre.
Il paraît que la colère est le symptome d'une très grande tristesse, voire d'une grande souffrance.
au fait, moi non plus je ne connais pas Helen keller !
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