05 avril 2008
assise
(moi, à Lung Ta) je suis surprise de cette explication que tu donnes au sujet des trois points d'ancrage (coccyx et genoux) pour se zazen. Je ne suis pas assez souple pour rester en position lotus plus de quelques minutes et je pense que cette position dont tu parles on ne peut la prendre qu'après des années de pratique, non ???misère ! je suis démoralisée !
(Lung Ta) Pourquoi es tu démoralisée, puisque toute posture peut être la bonne, pour autant qu'elle ne soit pas avachie ? Pour ceux qui peuvent se poser au sol, il vaut mieux en effet assurer une stabilité parfaite par les trois points ,car c'est sur des fondations solides qu'on peut bâtir haut, sinon c'est la tour de Pise !comme le dit Marc dans un autre billet, il faut prendre la posture qui nous convient, pour autant qu'elle soit prise dans l'attention Avec la méditation pas "besoin de se démoraliser", il suffit de se donner rendez-vous avec soi même
(moi) je suis démoralisée précisément parce que JE SUIS !!
Je ne me fixe aucun objectif, mais me rencontrant aujourd’hui, je suis démoralisée !
Ce que tu écris me paraît contradictoire : il me semble en effet qu’on peut très bien construire haut, sur des bases solides, ET DE TRAVERS. La Tour de Pise, dont j’ai eu le privilège de gravir les 293 marches un grand nombre de fois est précisément un bon contre-exemple de ce que tu dis !
Écoute Marie d’Agoult, la belle du compositeur Franz Liszt dont j’aime particulièrement la musique : " Notre vie, c’est la Tour de Pise; nous la commençons avec audace et certitude, ,nous la voulons droite et haute; mais tout à coup, le terrain sur lequel nous bâtissons vient à s’effondrer. Notre volonté fait défaut, nous croyons que tout est perdu. Souvenons nous alors de Bonnano Pisano; imitons le, étayons d’abord notre âme, puis faisons la part de nos fautes. Mais continuons, continuons, ne craignons pas la peine; achevons notre vie penchée, et qu‘on puisse au moins douter en nous jugeant s’il n’eut pas mieux valu qu’il en fut ainsi, et si une perfection plus complète n’eut pas été peut être, moins considérable "
Et ne serait-ce pas justement se fixer un objectif que vouloir à tout prix bâtir droit ??
Le débat est ouvert !
(Marc) si tu peux examiner, décortiquer,démonter pendant 20mn tous les détails de cette -démoralisation, comme si elle ne t'appartenait pas , comme si tu etais un ethnologue observant ambre démoralisée, si tu peux ,pendant 20mn, te dédier uniquement à cela, alors tu réalises 20 mn de regard profond ,de méditation.c'est bouddha démoralisé.
si pendant 20 mn ,tu t'efforces vainement, n'arrivant à rien,c'est bouddha échouant.
si tu réalises cela, tu ne peux plus te blesser d'aucune façon...
(Lilou) Chaque fois que je suis surprise par quelque chose ..qui parle en moi?
Celui qui dit ce qui est vrai , ce qui est faux,et qui cherche sa route à la croisée des chemins?
ou celui qui dit c'est ainsi et qui se pose sur le chemin?
Dans les deux cas c'est moi qui parle..
mais est ce que je dis la même chose?
(moi, à Marc) examiner ? décortiquer ? démonter ? ethnologuer ? réaliser ??? ce ne serait pas de l'anti méditation tout çà ??? (sans compter que pour examiner/décortiquer/démonter/ethnologuer le nombre incalculable de Ambre qui m'habite il faudrait un peu plus de 20 minutes....)
(Marc, à moi) samatha= s'arreter, se concentrer, par exemple sur le souffle, sur toutes les pensées qui surgissent, n'est pas -pas toujours- une fin en soi.
vipassana:en méditant, on peut -aussi- utiliser cette faculté à poser l'esprit sur quelquechose, par exemple sur son manque de moral.simplement regarder ce manque de moral, comme si quequ'un d'autre nous examinait étant démoralisé.si tu peux le faire comme la lumière d'1 phare, regarder, sans penser, c'est fort; sinon tu peux commencer par décortiquer etc, c'est aussi un bon début. le secret, c'est que tu ne peux pas longtemps rester démoralisé et en même temps examinant le manque de moral qui t'habite, comme des millionsd'êtres sur terrre aumême moment. soudain le monde étouffant ,ou tu te débattais à l'étroit, s'ouvre et se déploie à l'infini, comme un ciel qui se déchire. et plus tu pratiques cela, plus tu provoques cette ouverture facilement , et plus elle est vaste. au point que, sur une émotion précise, tu puisses provoquer ce rappel sans avoir forcément à t'asseoir ou "méditer", pour -t'arreter. essaye, ce ne sont pas des mots ni des idées: ce sont des outils , il faut les utiliser pour commencer à le comprendre , ensuite on n'a de cesse de simplifier ,simplifier.essaye. on peut mourir de faim avec un livre de cuisine en mains.
(moi, à Marc) Se concentrer sur le souffle n’est sans doute pas une fin en soi, mais en ce qui me concerne, c’est la seule chose qui m’ait permis de me rencontrer depuis 20 ans que je fais du yoga !!!! (enfin moi quand je suis bien bien speed je n’arrive pas du tout à faire du yoga !) bon. Où en étais je ?
Mon manque de moral ? encore ? mais à peine l’ai-je regardé que je suis passée à autre chose ! Çà c’est clair que je ne reste pas longtemps démoralisée, Dieu soit loué !!! De toutes façons, j’ai une super mauvaise habitude, je n’utilise pas les mots justes, j’utilise les mots pour leur sonorité. J’ai dit démoralisée ? N’en parlons plus. Aujourd’hui je suis euphorisée et je danse. Car on peut aussi méditer en dansant. Bercée jusqu’à l’âme par le séisme que me provoque la musique, je me sens en dansant comme illuminée par des milliers de frôlements autour de moi( jele jure: je ne bois jamais d’alcool ni ne prends aucune substance illicite !) C‘est difficile à expliquer . La danse me fait penser à la vastitude et à l’ouverture dont tu parles. Pour le reste de ce que tu as écrit, j’ai rien compris. Mais j’aime bien le mot " outil". Prête moi ton livre de cuisine!
(mon MAP) Je suis d'accord avec Ambre, la concentration sur le souffle nous donne la bonne position. Je l'ai constaté de multiples fois. La position, que j'ai apprise d'un occidental et donc pour les occidentaux que nous sommes, est une position très simple qui oblige à tenir le dos droit, sans être rigide. Assis sur une chaise ou un fauteuil même. Les chevilles croisées légèrement en retrait, c'est-à-dire les genoux pliés et les chevilles croisées en dessous et les mains posées sur les cuisses. Moi, je le fais assise sur une pierre, sans dossier, et quand je ne suis pas droite, je le sens tout de suite. Car la "méditation", c'est aussi être dans son corps...
Commentaires
logorrhée et équanimité sont dans un bateau
respire
le cyprès dans la cour
est ce que tu as déja vu un arbre droit?
respire
P.S PSST
compare la photo ci-dessus à une de la statue du penseur de Rodin, torturée et hélicoidale
"le royaume de l'esprit est mien,jechoisis , je choisis ou je veux aller; enfer et paradis, j'les connais tous les deux, je choisis ou je veux aller"
Hihihi ....
Hihihi...
..." Quand vous souffrez, il faut souffrir. Quand vous vous sentez bien,il faut vous sentir bien. Parfois il faut être un bouddha qui souffre. parfois il faut être un bouddha qui pleure. Et parfois il faut être un bouddha heureux."
Shunryu Suzuki
Ne serait-ce pas là, savourer, goûter, ce qui est Présent, sans plus s'attacher à la sensation, sans plus s'en formaliser mais en com-prenant combien chaque impression-sensation est éphémère et ne trouble que l'extérieur, la surface... ?
Ambre, je t'embrasse.
Morituri te salutant
Je viens du blog de Sylvie la yurtaoiste et j'ai vu plein de maisons incroyables, merveilleuses, extraordinaires et pas droites du tout...La droiture, c'est une idée occidentale.
A part ça, pour le dos, c'est vrai qu'il vaut mieux se tenir droit, sinon après ça fait mal, mais on est pas des maisons non plus.
Je crois qu'il faut surtout se détendre...c'est peut-être la chose la plus difficile pour nous. Mais on ne nous apprend pas à nous détendre, on nous élève (on "élève" les enfants)...Toujours plus haut ! Pour finalement se retrouver trois pieds sous terre...
points d'ancrage
lungtazen 23 mars 2007
Bonjour Ambre
Tout va bien , Ambre "je suis ce que je suis et j'aime qui je suis aujourd'hui"!!!
Plein de tendresse
vous pouvez vérifier
"j'suis c' que j' suis", c'est la devise de Popeye
Merci Marc...
Merci Marc Pour la comparaison ,elle est trop...comme dise les jeunes !!!forte :-))
Je me vois plus dans Olive ...
Je vais bien tout va bien ...:-))) et vous envoie plein de bonnes énergies
to be my body
Peut-être même faudrait-il dire "être son corps"...
1/// Déjà sortir du mental et du blabla,
être
2/// Ensuite le corps est en effet la 1ère porte pour savoir si on est ou pas et comment on est
Je veux bien être la tour de Pise, mais j'ai bien peur de fatiguer rapidement.
Certes si je vacille (et crois moi j'en connais un rayon à certaines heures de la journée) il me faut m'étayer, mais si je m'étais, c'est bien que je vacille, alors il me vaut mieux me construire droit
3/// Les émotions sont une seconde porte qu'on peut franchir quand le corps a commencé à se poser, pour déterminer qui est touché par ces émotions, qui est dans la marionette à gant ? Qui tient le fil du cerf-volant des émotions, quelle couche y a t il sous la peau de l'oignon que l'on vient d'ôter
Pour cela nous avons deux couloirs derrière cette porte :
* le mental pour se poser ces questions, la thérapie est d'une bonne aide
* la méditation pour être dans l'instant présent, qui démonte toute construction imposée (ce que j'appelle dans mes billets sur Lung Ta Zen en ce moment : "le Professeur")
4/// Enfin il est temps d'aborder la troisième porte "Je suis" et c'est vrai que cela peut troubler, bouleverser, démoraliser
* alors soit on perçoit "l'espace" dans lequel nous sommes depuis le début, espace défini par son intedépendance, son impermanence, ce qui nous amène à la connaisance, la sagesse, qui est de voir les choses comme elles sont dans l'instant présent et non tel que le "Professeur" veut qu'on les voit.
* soit on n'arrive pas à surmonter ce trouble et il faut demander de l'aide soit dans la thérapie (par exemple, mais un(e) ami(e)de confiance peut parfois suffire, si il/elle sait écouter avec empathie, sans donner de solutions toutes faites et sans jugement) soit au près de ce qu'on appelle l'ami spirituel, l'enseignant qui nous guide sur la voie qu'on a choisi et globalement dans ces deux derniers cas on retourne à la case 1////
et c'est souvent qu'on (que JE) retourne à la case 1///
le risque est même de se croire au point 4/// et de se croire arrivé et de renforcer son ego, alors retourner sans cesse au point 1/// est sûrement conseillé.
Tout ce que j'en dis n'engage que moi, aujourd'hui, en fonction de là où j'en suis.
bises
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