10 mai 2008
naïve nounoune
L’autre fois, pour me distraire de mes méditations, j’ai fait un test dont le thème était : êtes-vous naïve ? Évidemment, vous qui commencez à bien me connaître, vous allez arguer que vous connaissez déjà la réponse. Erreur! Grossière erreur ! Nous le savons maintenant, tout fluctue, la naïveté comme le reste.
Et la mienne sûrement plus que le reste.
Car depuis quelques mois, mon existence a pris une dimension incroyablement spirituelle. Ma force intérieure s’affirme. Mes choix de vie se rebellent et mon moi profond s’interroge. Or, mon moi profond est un moi posé. J’irais même jusqu’à dire qu’il est superposé.
Oui donc, j’ai fait le test.
Je vous livre le résultat.
Au début, votre crédulité amusait votre entourage. Malheureusement, à force de toujours tomber des nues, vous avez fini par agacer vos proches.
"agacer mes proches" ? Çà commence très fort. Certes, mes éclairs de lucidité, quoique impressionnants, sont rares. C’est pourtant ce qui fait de moi une compagne universellement appréciée. Non pas parce que j’ai des éclairs de lucidité (quoique) mais parce qu’ils sont beaux. D’une beauté quasi exceptionnelle. De l’avis général de mon joint, il a jamais vu çà. Du reste, ya pas mal de choses chez moi qu’il n’a jamais vues nulle part ailleurs.
Je me demande si je dois bien le prendre….
Ces derniers tentent en vain de vous faire comprendre que la vie n’est pas un conte de fées mais vous n’êtes pas prête à vous confronter au monde réel.
Là j’avoue, ya un petit quelque chose de vrai. A toutes les étapes de ma vie, bébé, moyenne, ado, femme, mûre femme, oui je vais m’appeler comme çà maintenant, Mûre Femme, ya pas de quoi rire, faut bien que je m’adapte à la réalité, bon où en étais je ? Oui, donc, depuis toute petite on me disait qu’un jour je deviendrais grande, responsable, adulte, tout çà. Qu’un jour je verrai la frontière entre mon imaginaire (amour, châteaux très forts, paix dans le monde, amour, justice, amour) et la réalité (guerres, télécommande, impôts, vivisection, bouillie d’orties)
Un jour, me disait-on, tu regarderas les choses en face, t’arrêtras de te laisser faire, sur quelle planète vis-tu, faut pas être pleine d’élans comme çà, çà s’fait pas, çà agresse, çà pèse, t’as pas les pieds sur terre, patati patata
un jour, tu finiras par t’adapter, espérons pour toi que ton cœur va rétrécir et que plus rien ne te surprendra.
Un jour, tu verras, ton prince viendra tu accepteras la tristesse, la laideur, la violence, la haine, les guerres,
la mesquinerie, l’hypocrisie, l’agressivité, l’individualisme, tu trouveras çà normal, tout ce qui fait la réalité de cette drôle de chouette de vraie vie.
On n’est pas là pour rigoler.
Certains peuvent en profiter pour vous jouer des tours ou pire, vous tromper et vous abuser. Il serait temps d’apprendre des expériences du passé pour ne plus tomber dans les pièges que l’on vous tend.
Eh oui, le temps.
Le temps a passé.
Mes chevaliers en quête de nobles quêtes itou. (méchevaliéenkètttdeneubleukétitou)
(en québécois: minchvaliéinkéttdnoblkéttcoudon)
Vous garderez ainsi votre naturel rafraîchissant tout en faisant preuve de plus de réalisme.
Bien. Faisons preuve de réalisme.
La vraie vie, si je comprends, c’est ne pas courir avec les bras levés à hurler oouiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiii !!!! (genre, Zidane marque son dernier but) en virant toutes nos fringues par-dessus la tête.
La vraie vie c’est se contraindre, mentir, tricher,
ne pas dire….
faut pas dire ouh la la faut pas dire tout çà ! Çà fragilise çà implique çà expose çà fissure ! Et après nad tu t’étonnes d’en prendre plein la tronche.
Tènounounecommenana.
Eh bien moi je veux.
Être nounoune m’exposer et dire çà.
Moi pas peur.
Pas peur de prendre, de comprendre, de toucher ce quelque chose en toi que toi-même tu ne sais même pas.
Qu’est-ce qui peut arriver, dis moi ?
Qu’est-ce qui peut t’arriver de mieux, je veux dire !!?
20 avril 2008
alchimie
L'écriture, le dessin, toute création, est une alchimie pour transmuter des états intérieurs en quelque chose de visible voire de vivable.
05 avril 2008
assise
(moi, à Lung Ta) je suis surprise de cette explication que tu donnes au sujet des trois points d'ancrage (coccyx et genoux) pour se zazen. Je ne suis pas assez souple pour rester en position lotus plus de quelques minutes et je pense que cette position dont tu parles on ne peut la prendre qu'après des années de pratique, non ???misère ! je suis démoralisée !
(Lung Ta) Pourquoi es tu démoralisée, puisque toute posture peut être la bonne, pour autant qu'elle ne soit pas avachie ? Pour ceux qui peuvent se poser au sol, il vaut mieux en effet assurer une stabilité parfaite par les trois points ,car c'est sur des fondations solides qu'on peut bâtir haut, sinon c'est la tour de Pise !comme le dit Marc dans un autre billet, il faut prendre la posture qui nous convient, pour autant qu'elle soit prise dans l'attention Avec la méditation pas "besoin de se démoraliser", il suffit de se donner rendez-vous avec soi même
(moi) je suis démoralisée précisément parce que JE SUIS !!
Je ne me fixe aucun objectif, mais me rencontrant aujourd’hui, je suis démoralisée !
Ce que tu écris me paraît contradictoire : il me semble en effet qu’on peut très bien construire haut, sur des bases solides, ET DE TRAVERS. La Tour de Pise, dont j’ai eu le privilège de gravir les 293 marches un grand nombre de fois est précisément un bon contre-exemple de ce que tu dis !
Écoute Marie d’Agoult, la belle du compositeur Franz Liszt dont j’aime particulièrement la musique : " Notre vie, c’est la Tour de Pise; nous la commençons avec audace et certitude, ,nous la voulons droite et haute; mais tout à coup, le terrain sur lequel nous bâtissons vient à s’effondrer. Notre volonté fait défaut, nous croyons que tout est perdu. Souvenons nous alors de Bonnano Pisano; imitons le, étayons d’abord notre âme, puis faisons la part de nos fautes. Mais continuons, continuons, ne craignons pas la peine; achevons notre vie penchée, et qu‘on puisse au moins douter en nous jugeant s’il n’eut pas mieux valu qu’il en fut ainsi, et si une perfection plus complète n’eut pas été peut être, moins considérable "
Et ne serait-ce pas justement se fixer un objectif que vouloir à tout prix bâtir droit ??
Le débat est ouvert !
(Marc) si tu peux examiner, décortiquer,démonter pendant 20mn tous les détails de cette -démoralisation, comme si elle ne t'appartenait pas , comme si tu etais un ethnologue observant ambre démoralisée, si tu peux ,pendant 20mn, te dédier uniquement à cela, alors tu réalises 20 mn de regard profond ,de méditation.c'est bouddha démoralisé.
si pendant 20 mn ,tu t'efforces vainement, n'arrivant à rien,c'est bouddha échouant.
si tu réalises cela, tu ne peux plus te blesser d'aucune façon...
(Lilou) Chaque fois que je suis surprise par quelque chose ..qui parle en moi?
Celui qui dit ce qui est vrai , ce qui est faux,et qui cherche sa route à la croisée des chemins?
ou celui qui dit c'est ainsi et qui se pose sur le chemin?
Dans les deux cas c'est moi qui parle..
mais est ce que je dis la même chose?
(moi, à Marc) examiner ? décortiquer ? démonter ? ethnologuer ? réaliser ??? ce ne serait pas de l'anti méditation tout çà ??? (sans compter que pour examiner/décortiquer/démonter/ethnologuer le nombre incalculable de Ambre qui m'habite il faudrait un peu plus de 20 minutes....)
(Marc, à moi) samatha= s'arreter, se concentrer, par exemple sur le souffle, sur toutes les pensées qui surgissent, n'est pas -pas toujours- une fin en soi.
vipassana:en méditant, on peut -aussi- utiliser cette faculté à poser l'esprit sur quelquechose, par exemple sur son manque de moral.simplement regarder ce manque de moral, comme si quequ'un d'autre nous examinait étant démoralisé.si tu peux le faire comme la lumière d'1 phare, regarder, sans penser, c'est fort; sinon tu peux commencer par décortiquer etc, c'est aussi un bon début. le secret, c'est que tu ne peux pas longtemps rester démoralisé et en même temps examinant le manque de moral qui t'habite, comme des millionsd'êtres sur terrre aumême moment. soudain le monde étouffant ,ou tu te débattais à l'étroit, s'ouvre et se déploie à l'infini, comme un ciel qui se déchire. et plus tu pratiques cela, plus tu provoques cette ouverture facilement , et plus elle est vaste. au point que, sur une émotion précise, tu puisses provoquer ce rappel sans avoir forcément à t'asseoir ou "méditer", pour -t'arreter. essaye, ce ne sont pas des mots ni des idées: ce sont des outils , il faut les utiliser pour commencer à le comprendre , ensuite on n'a de cesse de simplifier ,simplifier.essaye. on peut mourir de faim avec un livre de cuisine en mains.
(moi, à Marc) Se concentrer sur le souffle n’est sans doute pas une fin en soi, mais en ce qui me concerne, c’est la seule chose qui m’ait permis de me rencontrer depuis 20 ans que je fais du yoga !!!! (enfin moi quand je suis bien bien speed je n’arrive pas du tout à faire du yoga !) bon. Où en étais je ?
Mon manque de moral ? encore ? mais à peine l’ai-je regardé que je suis passée à autre chose ! Çà c’est clair que je ne reste pas longtemps démoralisée, Dieu soit loué !!! De toutes façons, j’ai une super mauvaise habitude, je n’utilise pas les mots justes, j’utilise les mots pour leur sonorité. J’ai dit démoralisée ? N’en parlons plus. Aujourd’hui je suis euphorisée et je danse. Car on peut aussi méditer en dansant. Bercée jusqu’à l’âme par le séisme que me provoque la musique, je me sens en dansant comme illuminée par des milliers de frôlements autour de moi( jele jure: je ne bois jamais d’alcool ni ne prends aucune substance illicite !) C‘est difficile à expliquer . La danse me fait penser à la vastitude et à l’ouverture dont tu parles. Pour le reste de ce que tu as écrit, j’ai rien compris. Mais j’aime bien le mot " outil". Prête moi ton livre de cuisine!
(mon MAP) Je suis d'accord avec Ambre, la concentration sur le souffle nous donne la bonne position. Je l'ai constaté de multiples fois. La position, que j'ai apprise d'un occidental et donc pour les occidentaux que nous sommes, est une position très simple qui oblige à tenir le dos droit, sans être rigide. Assis sur une chaise ou un fauteuil même. Les chevilles croisées légèrement en retrait, c'est-à-dire les genoux pliés et les chevilles croisées en dessous et les mains posées sur les cuisses. Moi, je le fais assise sur une pierre, sans dossier, et quand je ne suis pas droite, je le sens tout de suite. Car la "méditation", c'est aussi être dans son corps...



















