10 avril 2008
je vous écris
Depuis des mois, je me réveille avec ce que moi j’appelle le "chagrin", (je crois que Diane dirait "moton"), quelque chose d’ankysté que je portais en moi depuis toujours sans le savoir, un espèce de poison lent mais sûr, qui progressait inexorablement, et d’autant plus inexorablement que je le croyais mon allié.
Or le poison a quelque chose de très embêtant. Il empoisonne. Comme le non-dit d’ailleurs. On se tait toujours trop vite, on a peur d’ennuyer, on a honte de souffrir.
Ce matin, c’est le chant des oiseaux qui m’a réveillée.
Et ce chant, c’était le votre. A vous qui depuis des semaines et des semaines, écoutez mes doléances, partagez mes souffrances, vous qui me faites éclater de rire là où je n’éclate plus que de pleurer.
Alors ce chant, je vous le donne.
Oh bien sûr, j’aurais pu vous écrire en messagerie. Vous n‘êtes pas si nombreux, et quand bien même vous le seriez, je vous aurais écrit à l’un, et à l’autre, puis à l’une, puis à l’autre.
Parce qu’il faut que je vous dise quelque chose : j’ai un petit cœur.
Et même un petit cœur qui bat.
Il bat et se débat depuis ma naissance. Il se débattait déjà avec les motons de ma famille qui parlait pas.
Je suis allée rechercher les motons. Loin. Très loin. Sur plusieurs générations. J’ai voulu partager. Mais vous savez comment sont les gens, surtout les proches. Ils m’en ont fait cadeau. Tiens nad, nous on en veut pas, prends les. Cadeau.
Alors je me suis mise à ramer.
Dans une barque sans rames.
Et à écrire.
J’écris beaucoup. J’écris partout. J’écris tout le temps.
Vous, vous m’avez lue. Mais surtout, vous continuez à me lire. Même maintenant que je suis devenue lisible.
Alors votre présence qui donne à mon présent l’épaisseur simple d’un présent de plénitude, cette émotion je ne veux pas qu’elle se perde, je veux qu‘elle vous revienne puisque vous l‘avez provoquée,
votre chant, je vous le donne.
Voilà.
07 avril 2008
comme un chaton
(Diane) Quind j’vois Papa je n’peux jamais m’arrêter de l’imbrasser, je m’mets à l’imbrasser dix fois d’suite, l’autre fois je l’voyais lever un doigt, puis ensuite deux doigts puis ensuite trois doigts et à quelque part c’est sûr il était en train de compter les baisers que j’lui faisais ! si tu savais comme il a chingé depuis qu’il a eu son accident vasculaire, avint il appréciait pas de se voir vieillir, il avait les larmes aux yeux tandis que là, c’est encore lui, i a des souvenirs, il est pas végétal non plus c’est le même mais en tout doux, comme un ptit chaton qu’t’as invie de cajoler, de caresser, i est comme un infant totalemint dans le momint présint, alors bien sûr y se rappelle des choses, mais dins la minute qui suit il oublie il ne se préoccupe pas de demain, il vit au présint ! Des fois il va savoir quéque chose qui l’rind triste mais deux minutes après il est passé à autre chose, c’est vraimint vraimint l’momint présint ! Tu vois quind Maman était encore là c’était tellemint tellemint douloureux parce qu’elle avait tellemint conscience de son emprisonnement de sa déchéance, elle perdait pas la mémoire çà n’a pas d’allure mais elle n’pouvait plus parler elle n’entendait presque plus rien elle n’pouvait plus voir elle ne marchait plus mais elle aurait été déchirée de mourir en laissant Papa tout seul. Tu sais y étaient tellemint proches ces deux là, commint te dire. Maman, çà a toujours été celle qui fait croire que Papa était le pilier alors qu’in réalité Papa s’accotait sur elle, et puis ils faisaient un tellemint beau couple, alors quind Maman est tombée malade, elle savait qu’mon père ne pouvait pas vivre sans elle. Elle était. Commint dire.
Elle était sa source de vie.
Mais quind elle a perdu ses capacités elle savait qu’elle ne pouvait pas le laisser. Elle savait qu'mon père ne pouvait pas vivre sins elle. Des fois, on allait les voir et on voyait que Papa tenait la main de Maman, c’était correct il lui donnait de l’attention. Quind il a eu son accident vasculaire, tu vois tsu il pouvait passer la journée entière sans donner de l’attintion à Maman, c’est comme si. C’est comme si i avait coupé le lien intre les deux, c’est à partir de ce momint là que Papa venait de mourir dans la tête de Maman, tu comprinds elle voulait tellemint tellemint le protéger, le besoin de protection qu’ils avaient l’un envers l’autre c’est ce qui retenait Maman de mourir, et quand Papa a eu son accidint vasculaire, quind elle a compris qu’il n’avait plus besoin d’elle Maman a su qu‘elle pouvait mourir en paix.
26 mars 2008
une histoire très triste
" arrête de pleurer comme une madeleine!" Qu’est-ce que j’ai pu l’entendre, cette expression !
Çà a commencé lorsque j’étais toute petite. A vrai dire, on était une famille de joyeux fêtards. Mais les jours de fête seulement. Ces jours-là, éclater de rire était toléré et même recommandé, et on s’en donnait à cœur joie, croyez-moi. Le problème c’est que moi je ne peux jamais m’arrêter. Or, rire c’est bruyant. Surtout le mien. Et quand je suis avec ma sœur, n’en parlons pas. C’est peut être pour çà que je me suis mise à pleurer ? En plus j’ai drôlement de la chance parce que, à ce qu’on dit, pleurer c’est un truc de filles, c’est inscrit dans nos gênes comme la satisfaction du ménage bien fait et la recette du bœuf miroton. Faut dire qu’on est si fragiles et si faibles... Pourtant, c’est pas parce que je suis une fille que je pleure. C’est parce que je suis une fille émotive. C’est pas pareil ! Et plus je vieillis, plus je pleure. Par exemple, j’ai pleuré quand Chi Ta m’a appris qu’il était grand-père pour la troisième fois. C’est vous dire si je pleure !! Oui, parce qu’en fait, on ne pleure pas forcément parce qu’on est triste ! C’est çà le truc ! On pleure aussi, et surtout parce qu’on est heureux ! (Je trouve d’ailleurs que les larmes donnent toute leur dimension à la Joie.)
Bien que ce ne soit pas un truc de mecs (forcément, puisque c‘est un truc de filles), je connais aussi des hommes qui pleurent. Damned ! Là où les femmes ont le droit, et même le devoir, d’être sensible, super nounoune et de poser nue pour une marque de lessive, on refuse à l’homme la possibilité de se montrer tel qu’en lui-même : abrupt, puéril et victime de ses émotions et de ses penchants pervers pulsions. Pourtant si çà ne tenait qu’à lui, il se laisserait aller, peuchère ! Il arrêterait de se raser, il se moucherait dans les rideaux et courrait draguer la petite du second (celle avec les gros seins). Mais c’est impossible. La société est là, tout autour, qui veille. Les femmes surtout. Elles épient. C’est ainsi. Il faut le savoir. Non pas que les hommes aient peur des femmes.. Ahahahhahaha n’importe quoi ! Elles sont tellement gentilles, avec leurs ongles incarnat et leurs lèvres pulpeuses prêtes à dévorer. En plus elles sont beaucoup, beaucoup, plein, beaucoup + que les hommes ! Ahahahahah vous êtes foutus ! Bon, c’était une blague. En réalité, les hommes n’ont pas peur des femmes. Et ceci pour une raison fort simple : ils sont aussi des femmes. Eh oui. Vous êtes comme moi hein, vous n’en revenez pas ! Mais on ne peut pas lutter contre la Science. Car c’est prouvé : même chez les hommes qui malgré tout, sont des êtres humains comme nous, il y a une part FÉMININE et une part MASCULINE !
Eh ouais. Vous êtes scotchés, hein ? Après on va s’étonner que les hommes, refoulant leurs penchants bien naturels, écartelés entre leurs incomparables instincts, obligés de retenir leur part de féminité, marchent à côté de leurs pompes.
Bon, pour illustrer mon exposé, je vous mets des photos hyper tristes.
Quand j’étais petite, j’étais amoureuse de mon cousin,
qui au début me le rendait bien. Regardez comme il me faisait un gros câlin !! (si j’ai le visage un peu gris, c’est qu’il me serrait un peu trop fort le kiki.)
On s’est aimés longtemps.
Là, on jouait aux chaises musicales, et quand yavait plus de chaises j’atterrissais sur ses genoux.
Las ! un jour, ses regards se sont tournés vers le lointain horizon truffé de femmes.
Or, vous savez comment sont les hommes !!!!!(oui, parce que mon cousin est un homme !).
Et c’est comme SNIIIFFçà qu’il en a épousé une SNIFFFFautre....
Snnnnif sniiiiiiiiiiiiffff snif..
Heureuzment, je n'suis pas du genre à me laisser abattre..
j'me suis lancée à corps (é)perdu dans le sport comme vous pouvez constater :
......depuis, je suis sur orbite !
22 mars 2008
daleth (1)
Ce matin, je me suis réveillée vivante - eh oui, il y a des tas de fois où on ne se réveille pas vivants - mais j’étais néanmoins déstabilisée par la conscience de l’immense solitude que je ressens depuis quelques temps. Çà fait mal, purée, comment vivre avec çà ??? À certains moments, j’en ai une conscience si aigüe que j’ai envie de hurler. Une seule solution : lâche, nad, lâche prise, lâche. Alors elle lâche, nad. De toutes façons c’est jamais elle qui gagne, parce que la vie est le maître. C’est quoi ces âneries qu’on écrit sur la méditation ? La paix, tout çà ? elle est où la paix ? le grand chambardement, je ne dis pas. Mais la paix ? les doutes, les larmes, et ce putain de mal de chien ? Ya des moments où je voudrais ne m’être jamais zazen. Et tout en disant çà je sais très bien que c’est aussi idiot que de dire " je voudrais n’avoir jamais su marcher". Çà va tellement vite pour moi que j’en ai le tournis. Non pas que j’aie peur, non. Je découvre quelque chose que Etty décrivait ainsi, (je cite de mémoire) "on est partout chez soi lorsque l’on porte tout en soi" C’est une sensation ennivrante, une espèce d’élation totalement jouissive. En même temps, je vis dans un paradoxe permanent. Chaque fois que je me crois "arrivée", je me rends compte que tout est encore "à faire". J’ai lu ya pas longtemps un truc super intéressant qui s’appelle "une spiritualité qui transforme ". la 1ere chose que j’ai envie de dire, c’est, s’agit il de se transformer, ou d’être ? Et si je ne devais retenir qu’une chose, ce serait, - bien que pour moi, le mot " éveil" ne veut "rien" dire : " le désir d’éveil n’est en fait que la tendance avide de l’ego de tout saisir. Ainsi c’est la recherche même qui nous empêche de le vivre " Oui : " tout est ati ". Alors maintenant, je vais vous dire un truc : Tout ce qu’on raconte sur la méditation c’est du patati patata. Aujourd’hui, je suis en mesure de témoigner (ce qui prouve que j’avais raison de me méfier) pour moi
méditer c’est me sentir à l’étroit en dedans,
méditer c’est me jeter dans le vide sans filet,
méditer, c’est n’être pas mais naître tous les jours
daleth (3)
Helen était sourde, muette et aveugle. Dans la prison dans laquelle était enfermé son esprit, elle sentait confusément que quelque chose de fantastique était à sa portée mais elle ne pouvait ni se le demander à elle-même ni communiquer avec les autres. Avant, je vivais comme Helen : sourde, muette et aveugle. C’est une illusion de croire qu’il suffit d’avoir des yeux pour voir. Je restais dans le familier, quand bien même c’était de la souffrance, car çà me rassurait. Parfois, il est vrai, une sensation fugitive m’indiquait que je passais à côté de quelque chose d’important. Dans ces moments là, je rentrais dans des colères terribles. Mais elles étaient stériles, puisque j’étais d‘une certaine manière handicapée de la communication. La chose la plus importante que je viens de comprendre, c’est que çà ne sert à rien de pouvoir parler si on ne sait pas PARLER AUX AUTRES ET FORMULER DES DEMANDES La 2e chose (paradoxale) qui m’est apparue c’est que si on ne peut se rencontrer soi que seul on ne peut pas toutefois se rencontrer soi tout seul. Et là je ne veux certainement pas parler d’un gourou ou d’un truc comme çà. Je parle de l’Autre, ou pour mieux dire, d’une altérité comme le fut Julius Spier pour Etty ou Ann lorsqu’elle donna à Helen Keller les outils qui lui permettraient de sortir de l’obscurité. Car de la même manière que les mollusques bâtissent leur coquille à l’aide d’ éléments qu’ils puisent dans la mer, de même l’esprit prend sa nourriture autour de lui, dans le partage et grâce à la communication et c’ est ce qui lui permet de se transformer. Bon, pour changer un peu, aujourd’hui je ne vous citerai pas Etty, mais Helen Keller. Lorsqu’une porte du bonheur se ferme, une autre s’ouvre, mais parfois on observe si longtemps celle qui est fermée qu’on ne voit pas celle qui vient de s’ouvrir à nous. HELEN KELLER
daleth (4)
Bon, jme suis demandée si j’allais écrire ici tout ce que je viens d’écrire, vu que c’est pas franchement rigolo, comme en témoigne Mollie, et que je voulais garder à mon blog son caractère extrêmement Finalement comme vous voyez, j’ai écrit. Pas sans mal, car un blog de nounoune n’est pas un blog de nounoune pour rien. Ainsi, le billet est long. Fort long. Mon blog n’aime pas les billets longs, çà le déstabilise, il m’a mis une pagaille pas possible, je sais bien que je suis pleine d’incohérences mais quand même, bref, tout çà pour vous expliquer que j’ai dû poster en plusieurs fois pour que ce soit dans l‘ordre. L’autre problème que j’ai eu, c’est qu’il n'a pas voulu me mettre les photos que j'avais prévues (des blogs de Sylvie, Clo, Philippe, Ariaga, …) Il a juste daigné mettre le caillou à Isa. (Isa, t’as la côte !) Bon. Je vous en rajoute quand mm une (enfin j’essaie) Et si vous vous demandez pourquoi je vous mets cette photo, c’est parce que j’étais en train de relire la vie d’ Helen Keller, la tête dans les étoiles et les pieds dans le Luech. Mon cœur est grand ouvert pour vous et chacun et chacune je vous serre dans mes bras. ludique instructif.
16 mars 2008
la théorie du mouton
Je suis heureuse.
Je suis la plus heureuse du monde entier de tout l’univers intersidéral.
La plupart de nous, on cherche sans arrêt du bonheur. A force de le chercher, on voit même pas qu’on en a.
C’est incroyable. Ya un peu plus d’un an, j’étais dans des délires de comment faire pour être zen, comment devenir moi-même et accessoirement tous les autres moi , et des trucs comme çà. J’en profite pour vous dire que c’est une escroquerie : le sens de la vie est un sens interdit.
Un sens sans issue.
Faut pas chercher de sens.
Et quand on le cherche pas, il vient tout seul. Un peu comme le Prince Charmant.
Chaque matin que Dieu fait - chui pas spécialement croyante, mais j‘aime bien dire "chaque matin que Dieu fait "- or donc, chaque matin que Dieu fait, j‘ouvre les yeux et j‘ai le sourire.
Même, même, quand je marche, dehors (j’ai repris mes grandes marches de malade mentale) des fois jme mets à rire. Je sais que çà ne se fait pas, de rire toute seule dehors pendant qu’on marche, et que les gens que je croise me prennent pour une cinglée.
Je m‘en fous.
De toutes façons quand je pleure (l’autre matin dans le train je pleurais, puisque j’étais triste) (logique) - oui donc de toutes façons quand je pleure, çà ne leur convient pas plus. Ils retournent leur nez comme si que quoi. Qu’ils allaient attraper ma tristesse ?
Oui, parce que c’est pas parce qu’on est heureux qu’on n’est jamais triste.
La preuve.
Oui alors donc, je suis heureuse. Je me sens mal, purée qu’est-ce que je me sens mal ! Mais je n’ai jamais été aussi bien de toute ma vie.
J’ai une pêche comme jamais j’ai eue. Je sais ce que je veux, peut être même que c’est la première fois de toute mon existence, il était temps, j’avoue, mais c’est pas grave, çà aussi je m’en fous.
Je suis tellement heureuse que j’y crois à mort, et que plus j’y crois, plus je suis heureuse. C’est magique. Le soir je suis heureuse et le lendemain je suis encore plus heureuse que la veille.
Et puis j'ai décidé que je suis la plus belle du monde entier de tout l'univers. Bon j‘avoue, là c‘est n‘importe quoi. Mais je m‘en fous aussi.
Je vous jure de jure de jure que j‘ai rien fumé comme substance illicite. Je ne me suis même pas remis à boire, pour la bonne raison que j‘ai jamais commencé.
En fait, c’est à cause des moutons.
Oui, parce que figurez-vous que les moutons, çà ne se déplace qu’à la vitesse du mouton le plus lent. Ce qui veut dire que quand ils sont pourchassés, ce sont les plus lents et les plus faibles qui sont attaqués les premiers. Autrement dit, au fur et à mesure que les plus lents sont éliminés, la vitesse du troupeau augmente.
C’est mathématique.
C’est pareil pour le cerveau humain. Il ne peut fonctionner plus vite que ses cellules les plus lentes.
Or, on le sait maintenant, l’alcool (par exemple) détruit les cellules du cerveau. Ce sont donc les plus lentes qui sont bousillées en premier (c’est d’ailleurs pour çà qu’on se sent plus intelligent au bout de 4 ou 5 apéros).
Seulement moi je ne bois pas.
Donc rien ne me détruit les cellules de la cervelle. Je sais pas si ya de quoi se réjouir, mais les faits sont là.
Par conséquent, mes cellules lentes restent aux premières loges, mon cerveau rame et moi je plane.
03 mars 2008
où, pour continuer, il est question du Vide
Chers lecteurs, chères Nounounes, et vous tous, amis de la Science, bonjour !
Je tiens d’abord à remercier Clo et sa horde de Visiteurs sans qui le texte qui suit n’aurait pu naître scientifiquement à partir de recherches scientifiques.
J‘attire votre attention sur la qualité de l‘ensemble, qui constitue une œuvre rare et précieuse, pour ne pas dire unique, de taille à élucider définitivement une des plus grandes énigmes de l’univers connu :
le Vide est-il Vivant ?
Rappelons tout d’abord qu’au premier temps de l’Univers, il n’y avait rien. Pas d’atomes, pas de molécules, pas de galaxie, rien. On pourrait donc affirmer sans craindre de se tromper que puisqu’il n’y avait rien, tout était vide.
Grossièèèèèèèèèèère errrrrrrreur !!!!
Prenons par exemple un Big Mac.
Au premier temps de l’Univers, yavait pas de Big Mac.
Plus exactement y avait zéro Big Mac.
Là déjà, çà se corse.
Car zéro est une abstraction.
Ce qui veut dire qu’il faut bien que quelqu’un ait créé ce truc abstrait -le zéro- pour pouvoir ensuite parler du temps où il n’y avait que des trucs abstraits. Sans compter que pour parler du temps, il faut qu’il y ait un temps. Or, comment peut-il y avoir un temps où il n’y avait rien, puisque la Création du temps date du Temps où il y avait quelqu’un pour créer la notion du temps ?
La réponse coule de source :
le Vide est n’est pas vide
Je vous vois déjà lancer ici et là des regards estomaqués. Vous avez bien raison, car vous allez dans quelques instants assister à la féerique démonstration de la plénitude du vide.
Qu’il me soit permis pour commencer de jeter d’abord quelques généralités : le chameau aboie. La vache rumine. La caravane passe et l’homme pense (on pourrait cependant regretter son manque de discernement affligeant en matières de pensées, comparé à celui des femmes (et notamment des nounounes qui ne cherchent qu‘à se cultiver en lisant des trucs sur la plénitude du vide. Mais bon. Revenons à nos chameaux)
Nous voilà donc avec zéro Big Mac (pour la clarté de la démonstration, je garde le même exemple. Mais, comme je l’ai souligné plus haut, je vous rappelle qu’yavait pas plus de Big Mac que de zéro, puisqu’il n’y avait rien). Tout cela est loin d’être évident, j’en conviens. D’autant que dans le vide les Big Mac ont tendance à revêtir un indéniable caractère d’invisibilité.
C’est pourquoi je vous suggère d’être particulièrement attentifs, en tentant de visualiser ce Big Mac qui n’existe pas à une période qui n’a pas encore été inventée.
Or, s’il y a bien une chose qui ne changera jamais, c’est que tout est toujours en train de changer.
Par conséquent, à l’instant même où le Big Mac n’est pas encore né, il a déjà évolué vers son contraire, à savoir un Big Mac.

Édifiant, non ?
Je laisserai le mot de la fin à Fazou à qui je demandais
"pourquoi le haut du personnage est-il bien détaillé et pas le bas ? le pantalon n'a-t-il pas lui aussi droit à sa part de gloire ? que serait notre vie sans les pantalons ? "
Parce que le pantalon ne pouvait être bien rendu que par ce remarquable vide, chère Ambre!
pierres vivantes vivant dans leur vivant milieu naturel
photographiées par mon MAP © Clo
29 février 2008
les petits moi d'ARIAGA
Impossible d'aller plus loin dans mes notes sans vous parler de la double personnalité de C.G.Jung qui s'était aperçu, dès les premières années de sa vie, sans avoir aucune notion de psychologie ou de philosophie, de la présence en lui d'une seconde personnalité. Par exemple, encore enfant, il se demandait, après un rêve très impressionnant : "qui parle en moi". Il dénomme dans son autobiographie Ma vie ces deux pôles de son être "n°1" et "n°2".
"Qui parle en moi? "se demandait Jung encore enfant.
Eh oui.
Certains enfants posent des questions stupides, comme le souligne Ariaga dans les lignes précédentes.
Ceci dit, Jung n’est pas un cas isolé. Même des adultes, voire des grand-adultes, se posent cette question merveilleuse de mysticisme.
Au hasard : moi.
Mon fils me dit "t’es pas toute seule dans ta tête !"
Qu'est-ce qu'il peut bien vouloir me dire avec çà ?
Nad, monopolise toutes tes capacités de concentration.
Reste en état d'éveil maximum.
Réfléchis.
Quand je dis " qui parle en moi? ", est-ce le " qui" ou est-ce le " moi" qui parle ?
Déjà, çà ne peut pas être le " moi" qui grandit, qui vieillit, bref qui change sans arrêt sous l’effet du temps. La conscience de mon " moi" évolue donc, même si j’ai le sentiment de rester toujours la même. En un sens, c’est plutôt positif, puisque çà sous-entend qu’il m’est possible de me retrouver quand je me sens perdue .
Quoique.
Je me demande si ya vraiment de quoi se réjouir.
Ne vaudrait-il pas mieux que je sorte de "moi" pour me transmuter en une autre "moi"? L’idée me séduit assez… j’aime le moi dont je m’en fais l’idée ! Mais ce que je connais de moi, est-ce moi ?
Mon moi maîtrise-t-il l’esprit dont il est sorti ? Mon moi se possède-t-il lui-même ?
Damned ! et si ce que je crois que je suis moi n'était même pas moi ?????????!!!!
Prenons l’exemple (rarissime) où mon fils me met hors de moi, où je ne suis plus moi-même : dans ce cas, suis-je encore moi ????? Ne suis-je alors pas moi ou bien suis-je un moi sans en avoir conscience, étant hors de moi ?

Ne suis-je pas, en tant que nounoune inconsciente d’en être une et qui ne veut pas l’être et nounoune consciente d’en être une et qui ne veut pas l’être non plus, ne suis-je pas, disais-je, un moi en perpétuelle évolution ????

L’idée que je me fais de moi est-elle ce moi composé de petits moi puisque ce moi (le premier) se désincarne réincarne, non pas de vie en vie ou de moment en moment, mais bien de moi en moi ?

Ne suis-je pas, pourtant, à chaque instant, ce moi toujours différent, un moi secouérein en perpétuelle agonie mutation incessante ?

Alors, mon moi n’est pas celui que je crois qu’il est puisque le moi que je crois qu’il est n’est pas celui que je crois qu’il est !
J'existe tantôt dans mon moi, tantôt dans mon dé-moi, c'est donc que mon moi dépend de ma capacité à organiser ma conscience.
Moralité : on n'est pas dans la m ... !
16 février 2008
only you
Je viens d’entendre Only You à la radio.
C’est fou comme certaines chansons peuvent vous propulser des milliers d’années en arrière.
On est dans le petit appartement que mes parents viennent d’obtenir, grâce à la ténacité de ma grand-mère qui a fait le siège du service Logement de la mairie pendant quatre ans(ben oui, je sais, ce problème ne date pas d’aujourdhui).
J’ai quoi .. quatre ans ? six ans? ma soeur fait le pitre à côté de moi (ce qui n'a pas changé), on se dispute parce que je n’arrive pas à écouter la chanson, comment fait-on pour faire tenir tranquille une Brie?
Moi, j‘ai toujours pas la solution.
C’est un soixante dix huit tours sur l’électrophone de Papa que l’on referme comme une petite valise.
Hmmmmmmmmmm… comme ces images sentent bon… j’entends même Papa qui siffle, il ne chantait pas, mais il sifflait toujours l’air, il avait un sifflement très juste, eh Papa c’est qu’il jouait du piano !
nad sur le piano paternel
(les photos sont parfois menteuses : je ne sais pas jouer du piano, mais ma soeur, si!)
sur cette photo, Maman venait d'apprendre à son mari qu'elle était enceinte pour la seconde fois, autrement dit, de BRIE (remarquez elle avait raison de s'inquiéter par anticipation, ahahahah !! )(Oui, bon, comme elle m'avait déjà, elle était comblée, c'est pour çà qu'elle fait la tête).
Mes parents écoutaient aussi Amsterdam (Brel), Tu t’laisses aller (Aznavour) et la liste est déjà finie, parce que les disques étaient un grand luxe à cette époque. Je me rappelle de leur texture épaisse, les trente trois tours étaient déjà bien plus fins.
Et puis, n’y avait-il pas de quoi siffloter? Papa était rentré VIVANT de la guerre d’Algérie !!!!
Elle était pas belle la vie?


























